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    Documentaire sur grand écran présente “Portraits en abîme”, une double séance Doc&Doc au Forum des images

    5 janvier 2024
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    “Fifi hurle de joie” et “Apolonia, Apolonia” dépeignent deux portraitistes, l’un à l’orée de son ultime création, l’autre à l’aube de son œuvre. Dans les deux films, la relation qui se noue entre le peintre et la cinéaste contrecarre les lois du marché de l’art. À voir le 9 janvier 2024, à partir de 18h30, au Forum des images.

    Dans Fifi hurle de joie (2013) et Apolonia, Apolonia (2023), Mitra Farahani et Lea Glob s’illustrent par leur habileté à s’introduire dans l’atelier d’un·e artiste au travail, respectivement Bahman Mohasses, octogénaire iranien en exil en Italie, et Apolonia Sokol, étudiante aux Beaux-Arts de Paris, bientôt adoubée par le marché de l’art international. Le geste des deux cinéastes dialogue intimement avec ceux des peintres filmé·e·s. Elles mettent en tension le caractère figé de la peinture avec la durée propre à cette rencontre cinématographique. Glob comme Farahani acceptent que le cadre qu’elles posent soit sans cesse déplacé par leur sujet, induisant ainsi une immuable réflexivité pour les filmeuses.

    Fifi hurle de joie de Mitra Farahani – États-Unis, 2013, 96 min

    Bahman Mohasses, artiste iranien célèbre pour ses portraits aussi provocateurs que malicieux, est-il toujours en vie ? En Iran, il reste de lui quelques œuvres et de vieilles photographies illuminées par son visage mi-frondeur mi-énigmatique. Il aurait quitté le pays dans les années 1950. Et depuis ?

    Mitra Farahani mène l’enquête. Elle questionne les marchands d’art, elle se plonge dans les archives, elle multiplie les hypothèses. Elle s’envole pour Rome, où Mohasses se serait exilé. Opère alors un renversement des rôles : pour Mitra Farahani, il est l’heure de tirer le portrait de ce portraitiste iconoclaste. Mohasses ouvre progressivement son âme comme s’il s’agissait de la boîte de Pandore. Sa vie d’artiste semble consumée, tant ses œuvres ont été censurées, détruites, oubliées. Contre toute attente, Mohasses reçoit une commande, qu’il décide d’honorer. Farahani va veiller sur lui au cours de la création de cette ultime œuvre.

    Dans ce portrait de l’artiste, involontairement testamentaire, Mitra Farahani excelle autant à interroger les silences d’une vie d’exil qu’à ranimer le désir de créer.

    Prix international de la Scam, Cinéma du réel 2013.

    Fifi hurle de joie de Mitra Farahani © Documentaire sur grand écran

    Apolonia, Apolonia de Lea Glob, 2023

    La cinéaste danoise Lea Glob, qui termine sa formation dans une école de cinéma, et la peintre française Apolonia Sokol, encore étudiante aux Beaux-Arts de Paris, se rencontrent au Danemark autour de leur passion commune pour le portrait. Apolonia affine et confirme son talent de portraitiste sur des toiles grand format. S’y répondent les visages amis qui l’entourent, dont l’artiste et activiste féministe Oksana Shachko.
    Pendant ce temps, caméra en main, Lea Glob se saisit des événements de l’existence d’Apolonia, qui vit dans la communauté du Lavoir Moderne Parisien. La cinéaste témoigne de la transformation d’Apolonia, de jeune peintre prometteuse en artiste reconnue par le marché, ce qui n’est pas sans bouleverser la pratique du portrait de cette dernière. “Est-ce ma caméra qui capture Apolonia ou Apolonia qui me capture dans son théâtre ?” s’interroge Lea Glob en cours de tournage.

    Apolonia, Apolonia : en réitérant deux fois le nom de la portraitiste portraiturée, le film en appelle à l’immense liberté de l’artiste filmée, qui confie généreusement son temps de vie face caméra, mais qui vit trop intensément pour que tout puisse être enregistré. L’aventure de ce tournage aura duré 13 ans au total : la durée nécessaire d’un compagnonnage artistique doublé d’une complicité sororale.

    Prix du Meilleur film, IDFA 2022.

    Apolonia, Apolonia de Lea Glob © Documentaire sur grand écran

    [Source : communiqué de presse]

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